Maria Joao RODRIGUES

Lisbon Agenda Presentation

18.01.2010

On the EU2020 Strategy

Contributions after the Lisbon Agenda experience.

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12.10.2006

L'Europe en Réforme?

Les Etats membres de l'Union Européenne viennent de présenter leurs programmes nationaux de réforme pour les trois prochaines années. Il s'agit du plus vaste processus coordonné de réformes économiques entrepris par l'Europe jusqu'à présent, adaptant à chaque pays un ensemble de priorités communes pour stimuler la croissance et l'emploi et préparer l'Europe pour les opportunités et les défis de la globalisation. Ce relancement de la stratégie de Lisbonne est maintenant beaucoup plus concentré dans la mise en marche au niveau national.

Ces programmes nationaux montrent qu'il y a plusieurs réformes en cours en Europe. Mais iront-elles dans le bon sens et auront-elles la portée nécessaire ? Cela sera l'enjeu du prochain Conseil Européen.

La question centrale semble très simple. Comment peut l'Europe croître plus vite et créer plus d'emplois en maintenant la cohésion sociale dans l'économie globalisée d'aujourd'hui ? On doit reconnaître qu'il y a ici un vrai problème puisque l'Europe est aujourd'hui le bloc économique avec la croissance la plus lente. La réponse paraît aussi simple : il faut explorer de nouveaux marchés, augmenter la compétitivité en misant sur la connaissance et l'innovation et augmenter et qualifier la population employée. Dans cette perspective, quel bilan peut-on faire de ces récents programmes nationaux pour la croissance et l'emploi ?

Quant à l'exploration de nouveaux marchés, il y a les progrès qui découlent de l'élargissement de l'UE et des stratégies d'internationalisation adoptées par quelques pays et groupes économiques européens. Il suffit de regarder, par exemple, la course actuelle des investissements européens en Chine. Mais il y a encore beaucoup d'autres progrès à concrétiser : parvenir à un accord dans le cadre de l'Organisation mondiale du commerce ; développer des partenariats stratégiques avec ces nouveaux grands partenaires de l'Europe, tels que l'Inde et la Chine ; développer un marché intérieur Européen pour les services avec respect du modèle social Européen ; faire des politiques de développement régional un grand levier pour le rattrapage des régions les moins développées en Europe ; utiliser la zone Euro pour une meilleure coordination de politiques pour l'investissement et la croissance.

En matière de compétitivité, ce qui est en cause est la reconversion des économies européennes vers des activités à plus forte valeur ajoutée, quel que soit le secteur : des services aux entreprises, au textile, en passant par l'automobile, le tourisme ou les technologies de l'information. Plus d'investissement public et privé en R&D est fondamental pour accélérer cette transition vers une économie intensive en connaissance. Pour cela, il faut former et attirer plus de chercheurs, fournir de meilleures infrastructures, introduire des incitations fiscales. Mais ceci n'est pas suffisant pour transformer connaissance en valeur. Ce qu'il manque aussi dans une partie des pays Européens est un développement plus ambitieux de leurs systèmes d'innovation, mettant entreprises et universités en réseau autour de partenariats d'avenir.

La politique d'emploi a maintenant un nouveau centre de gravité : non seulement réduire le chômage, mais aussi augmenter le total de personnes employées, qui peuvent contribuer à soutenir les systèmes de protection sociale. De ce fait, beaucoup de pays réorientent leurs services d'emploi pour proposer des alternatives d'emploi ou de formation, ils développent les services de soutien à la famille et essayent des mesures pour stimuler le vieillissement actif. Cependant, ce qui est en cause aujourd'hui est quelque chose de plus vaste. C'est réorganiser et coordonner les politiques d'emploi, formation et protection sociale de façon à soutenir chaque individu tout au long de son cycle de vie, en tenant compte des choix personnels plus différenciés. Ceci paraît aussi la condition pour introduire plus de flexibilité sur le marché du travail, d'après ce que l'on constate dans les modèles appelés de flexicurité. Des conditions de base de sécurité sont fournies pour faciliter le changement.

Mais la marque centrale de la stratégie de Lisbonne devrait rester claire. Le meilleur outil pour s'adapter au changement est la formation tout au long de la vie. De ce point de vue, il semble que le pourcentage de citoyens avec cet accès est en train d'augmenter, ainsi que celui des jeunes qui terminent l'enseignement secondaire. Mais, une fois de plus, ce qui est en cause est plus vaste : il s'agit de construire un système d'apprentissage tout au long de la vie, avec des points d'accès dans les écoles, dans les entreprises et au domicile, de façon à diffuser des services d'éducation et formation plus adaptés aux besoins de chacun. Les universités ont ici une responsabilité particulière car elles devraient répondre à des groupes beaucoup plus diversifiés, pas seulement des jeunes mais aussi des actifs.

Une réorientation des politiques européennes et nationales semble ainsi devenir plus claire. Mais elle doit être menée plus loin et passer par un grand test: celui de la re-orientation des moyens financiers. La révision récente du Pacte de stabilité sera ainsi mise à l'épreuve. Il ne s'agit pas seulement de poursuivre la consolidation financière en contrôlant le déficit public, mais de créer les bases pour soutenir les systèmes de protection sociale à long terme. Il s'agit aussi de re-orienter la dépense publique, les incitations fiscales et les fonds structurels pour les grands investissements d'avenir dans la recherche, l'innovation et la qualification.

De ce bilan des programmes nationaux de réforme, on peut retirer une autre conclusion. Les différences de mise en marche de cette stratégie sont maintenant très claires quand on compare domaines de politique ou des Etats membres. Finalement, une corrélation devient claire entre la mise en marche de cette stratégie et de meilleurs résultats en matière de croissance, emploi, innovation, inclusion sociale et environnement. Il y a de quoi discuter dans chaque Etat membre.

Maria Joao Rodrigues
ISCTE, University Institute, Lisbon